Le match nul 1-1 entre les Young Boys et le grand rival bâlois prouve que malgré leur éclatante domination suisse, les bernois n’exploitent pas encore tout leur potentiel. Une amélioration doit être activée en 2022 si Berne ne veut pas voir le FC Zürich remporter le titre en mai prochain.
Par Patrick MBONYINSHUTI
« Cabral zu gross für die Schweiz?», titrait le journal le plus respecté du pays avant cette rencontre capitale pour essayer, à distance, de ravir la première place à l’actuel leader, le FC Zürich. Cabral, c’est le brésilien du FC Basel, actuellement l’attaquant le plus recherché en Suisse, certains le prédisant même pour un départ pour Barcelone. Miser sur une individualité du club rhénan, c’était sans compter avec le collectif, la force en attaque et la maîtrise technique des jaune et noir, qualités que l’équipe bernoise continue de démontrer en remportant 4 fois de suite le titre suisse mais en battant aussi des grands de la Champions League tels que Manchester United de Christiano Ronaldo le 14 septembre au stade Wankdorf.
YB crème de la crème du football suisse mais toujours ce manque d’ingéniosité, voire immaturité
Le match commence sur les chapeaux de roue et la domination totale de YB surprend tous ceux qui voyaient en Cabral la pièce maîtresse du FC Bâle et même de la ligue suisse. Le brésilien est complètement maîtrisé par Fabian Lustenberger, capitaine bernois tout juste revenu de blessure. Les blessés côté jaune et noir, leur liste est longue : Nsamé, von Ballmoos, Fassnacht, Mambimbi, Garcia, Faivre, Lauper, Aebischer et maintenant Elia, etc. etc. Presque onze titulaires sont actuellement blessés côté bernois. Le match est tellement physique qu’à la 43è minute déjà, Kanga, l’espoir en attaque sur lequel tout Berne compte avec ses incroyables 8 buts en 10 matches, se blesse sur un duel avec Fabian Frei et doit laisser sa place à Siebatcheu. Le premier but de YB après 20 minutes (Elia) n’empêche pas Bâle d’égaliser à la 37è sur une passe de Petretta et un retour trop lent du défenseur Hefti. Comme souvent, on a l’impression que quand YB domine, une certaine immaturité l’engloutit, l’empêchant de transformer sa supériorité en victoires claires et sûres (voir déclaration récente d’un joueur : «j’aimerais plutôt gagner avec un but d’écart mais des victoires claires et sûres »).
Un match qui montre ce qu’il faut éviter au deuxième tour du championnat
Comme dans la plupart des matches cette saison, YB domine mais laisse inexploitées ses nombreuses chances en première mi-temps. Après la pause aussi YB rate un penalty nonchalamment tiré par Ngamaleu dans les mains de l’excellent Lindner. Et surtout, l’entraîneur David Wagner fait entrer trop tard (80è) l’homme le plus expérimenté que comptent les Bernois après le départ des légendaires Guillaume Hoarau, Steve von Bergen et Marco Wölfli : l’excellent Milarem Sulejmani qui avait hypnotisé le stade et les fidèles fans lors des rencontres contre Sion et Lugano. Quel gâchis quant on sait l’efficacité de ce vieux talent !
A la fin, les opportunités ratées, les blessés qui manquent, le poteau qui sauve l’excellent gardien du FC Bâle, l’équipe et l’entraîneur qui n’exploitent pas le génie et la chance dont ils disposent face à un géant du football suisse, tout cela fait que le match finit 1 à 1 et que Yb doit se contenter de la troisième place derrière le FC Zürich et le FC Bâle, place à laquelle les Bernois devront se faire jusqu’au 29 janvier 2022. Gageons que la phase retour verra revenir plein de talent et de maîtrise et, qui sait, peut-être aussi le dernier bal sur terrain suisse de grands joueurs comme Sulejmani et Jean-Pierre Nsame.
YB: Zbinden; Hefti, Camara, Lustenberger, Lefort; Ngamaleu, Martins, Sierro, Rieder; Elia, Kanga.
Basel: Lindner; Lopez, Frei,, Pelmard, Petretta; Kasami, Quintilla; Ndoye, Palacios, Millar; Cabral.
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